« J’ai rencontré une tutrice formidable. Elle m’a réconciliée avec l’allemand. »

IMG_0269La Direction des Relations Internationales met en place des cours de langues pour les étudiants candidats à une mobilité internationale. Pour certaines langues comme le portugais, l’allemand et le catalan, il n’y a pas assez d’étudiants. Dans ce cas-là, la DRI se charge de mettre en contact les étudiants désirant pratiquer une langue étrangère avec un étudiant dont c’est la langue maternelle.

Rencontre avec Céline, étudiante de l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education, et sa tutrice allemande, Julie.

Pouvez-vous vous présenter.

Julie : Je m’appelle Julie, j’ai 24 ans et je suis étudiante en mathématiques et français pour l’enseignement.

Céline : Céline, 24 ans, étudiante en première année de Master enseignement du premier degré à l’ESPE.

Julie, pourquoi avez-vous choisi Lyon 1 ?

J’ai choisi Lyon 1 pour pouvoir vivre à Lyon, la ville que j’avais visitée l’année avant mon départ. De plus, je voulais voir comment fonctionne les études de maths en France et surtout voir les différences entre l’enseignement en France et en Allemagne.

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Céline lors de son stage en Allemagne

Céline, pourquoi êtes-vous partie en Allemagne ?

Je souhaitais réaliser mon stage de pratique accompagnée et d’observation à l’étranger pour découvrir d’autres pratiques pédagogiques. J’ai choisi de le réaliser en Allemagne particulièrement car le système éducatif est très différent. En termes de pratique mais aussi d’horaire ou de méthode de travail, je voulais comparer et analyser ces situations et les comparer au système français.

Julie, pourquoi avez-vous eu envie d’être tutrice ?

Cela me permettait d’entrer en contact avec des Français. Je trouvais cela très intéressant de voir les différences au niveau des langues, de la culture et de la vie quotidienne. Ensuite, c’est la meilleure façon d’améliorer une langue étrangère en parlant avec un locuteur natif.

Puis, j’ai bien aimé le cadre détendu. Le tutorat ressemble plutôt à un rendez-vous entre amis qu’à un cours comme à l’école. On discutait et on travaillait d’une manière très efficace sans le remarquer.

Céline, quand la DRI vous a proposé cette formule du tutorat, qu’est-ce que vous vous êtes dit ?

J’étais très contente de savoir que j’avais la possibilité de remettre à niveau mon allemand et pouvoir le retravailler pour préparer mon stage.

Cette expérience a-t-elle été bénéfique ?

Julie : Oui ! En plus, en expliquant des expressions allemandes ou la grammaire, on discutait toujours des différences entre l’allemand et le français. Il fallait aussi, de temps en temps, que je lui explique une phrase compliquée en français. J’ai aussi pu progresser en français.

Céline : Cette expérience m’a été complètement bénéfique : je me suis non seulement perfectionnée au niveau de la prononciation mais j’ai aussi appris beaucoup de vocabulaire et d’expressions courantes. J’ai acquis une bonne compréhension orale et je suis beaucoup plus à l’aise pour entamer une discussion en allemand. Pour la culture, j’ai posé beaucoup de questions pour pouvoir m’adapter au stage. Julie n’hésitait pas à développer ses réponses et ses anecdotes. Elle avait du recul car elle vivait déjà en France depuis quelques mois.

Julie : Je savais où il y avait le plus d’obstacles et ainsi j’ai essayé de donner des conseils pour éviter des problèmes d’organisation. Par exemple, on a cherché ensemble un logement pour Céline.

Comment se sont passées vos expériences internationales? Seriez-vous prêtes à retourner à l’étranger pour vos études ? Avez-vous une anecdote à raconter sur votre arrivée ou votre séjour, quelque chose qui vous a surprises ?

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Julie lors de son expérience à Lyon

Julie : Mon expérience en France a été un challenge en cadre d’organisation et de patience. Les Allemands sont très structurés et ils savent déjà trois mois avant quand il y aura tel cours et qui y participera. Les Allemands voulaient connaître mon emploi du temps alors que les Français n’avaient pas encore choisi les parcours de chaque semestre. Mais ces difficultés passées, je me suis sentie vite à l’aise et j’ai profité de mon séjour en France. Il faut juste ne pas se laisser stresser. Il y a toujours une solution ! Cette expérience était unique. On arrive sans connaître ni de gens ni la ville et peu la langue. Mais c’est une aventure qu’on n’oubliera jamais. Je peux vraiment recommander de profiter de cette possibilité et d’apprendre de vivre dans un autre pays et de se réinstaller dans une autre communauté.

Céline : Oui, c’est dans mes projets de retourner à l’étranger. J’ai eu beaucoup de plaisir à effectuer mon stage en Allemagne. Je découvre une culture, des habitudes de vie différentes mais j’ai aussi rencontré des personnes formidables. Les Allemands sont très ouverts d’esprit !

J’ai plusieurs anecdotes: Au restaurant les allemands ont pour coutume de donner un pourboire (appelé Trinkgeld) entre 5% et 10% du prix de la note payée. Les allemands attachent une grande importance au recyclage et au tri des déchets. Ma colocataire possédait trois poubelles et elle avait disposé des étiquettes pour que je puisse me repérer : Plastik(plastique et métal) ; Müll(compost) ; Blatt (papier). On trie même le verre (Glass) brun, vert et blanc ! De plus, j’avais été grandement surprise du système de consigne des bouteilles en verre et en plastique. Ma colocataire m’a expliqué qu’en rapportant une bouteille en plastique on reçoit 25cts et pour les bouteilles en verre 8cts. Je trouve cette idée très brillante car il arrive de voir dans les rues des sans-abris ramasser toutes les bouteilles qui traînent sur les trottoirs pour les rapporter et la ville est très propre !

Céline, avez-vous sollicité Julie une fois sur place ?

Oui, je suis restée en contact avec Julie. Je lui demandais des conseils pour m’aider à préparer des questions à poser aux éducateurs du Kindergarten.

Céline, avec du recul, avez-vous préféré ce format ou vous pensez que les cours de langues en groupe sont mieux ? Recommanderiez-vous le tutorat?

J’ai beaucoup apprécié ce format car cela permet une aide individualisée. Surtout pour mon cas, je n’avais pas fait d’allemand depuis plus de quatre ans. Il a fallu me remémorer beaucoup de formulations, de phrases ou de mots. Les interactions étaient riches spontanées et dynamiques. Je pouvais parler de tous les sujets : personnels (pour acquérir des expressions courantes, découvrir de la musique, des infos sur la culture du pays, les habitudes etc.) ou parler de grammaire et de syntaxe. Cela peut se faire de façon individuelle dans un premier temps. Une fois que je maîtrisais mieux l’allemand, avec Julie nous avions pensé à travailler avec un autre binôme de tutorat. Cela aurait été probablement intéressant pour diversifier les thèmes de conversations.

Êtes-vous toujours en contact toutes les deux?

Julie : Oui. Malheureusement elle n’a pu pas passer par Heidelberg en rentrant de Berlin. Mais on est devenue des amies. Je pense la revoir quand je vais revenir à Lyon et elle est la bienvenue chez moi en Allemagne. Ces 15 heures qu’on a passé ensemble étaient intenses, toujours sympas et drôles. Et il ne faut pas oublier de mentionner qu’elle a fait des progrès en allemand !

Céline : Oui, nous avons gardé contact et je prévois de lui rendre visite cet été.

 

Depuis sa mise en place en juin 2013, 13 étudiants de Lyon 1 ont bénéficié du tutorat avant leur départ. Une expérience enrichissante pour les deux étudiants.

Pour plus d’informations sur le tutorat : audrey.chenevier@univ-lyon1.fr

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