Témoignage d’Adèle MARTIAL-GROS, chargée de mission Amérique du Nord et pays anglophones

Adèle MartialDepuis la rentrée universitaire de septembre 2013, la Direction des Relations Internationales de Lyon 1 s’est développée en recrutant deux chargés de mission pour le renforcement des coopérations internationales.

Rencontre avec l’une de ces chargés de mission, Adèle MARTIAL-GROS, qui aura l’Amérique du Nord et les pays anglophones comme zones de prospection.

Pouvez-vous vous présenter ?

Professeur des universités à Lyon 1, je suis titulaire d’une thèse de l’Institut National Polytechnique de Lorraine obtenue en 1991 sur le thème de la « modélisation de la culture d’hybridomes en réacteurs et de la production d’anticorps monoclonaux ». Suite à deux années de post-doctorats réalisés en Inde au National Institute of Immunology, j’ai intégré l’Université de Lyon 1 en 1994. Mon parcours depuis est divisé en deux temps fort : une première phase de 10 ans avec des activités d’enseignement et de recherche à l’IUT au département de génie biologique de Bourg-en-Bresse où  j’ai eu l’opportunité de développer des compétences en sciences des aliments avec la contribution à la création du Laboratoire de recherche en génie industriel alimentaire (labellisé par le ministère EA 3733 en 2003) et que j’ai dirigé pendant 3 ans.
J’ai par la suite, de 2004 à 2013, effectué deux missions à l’international, en position de détachement auprès du Ministère des affaires étrangères. À partir de 2004 dans les fonctions d’attachée pour la coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France en Tunisie, puis à partir de 2008 dans les fonctions d’attachée scientifique à la mission pour la science et la technologie auprès de l’Ambassade de France aux Etats-Unis.

Vous avez eu l’opportunité de travailler à l’Ambassade de France à Washington, que retenez-vous de cette expérience internationale sur le plan professionnel et humain ?

Les points forts de cette expérience d’un point de vue professionnel peuvent être résumés sous la forme de trois bonnes pratiques :

  • Le travail en réseau, avec les attachés scientifiques et de coopération universitaire et également avec les conseillers relevant d’autres ministères (développement durable, santé, agriculture…) qui a été relativement structurant pour les actions de mise en partenariats.
  • Par ailleurs, une vue d’ensemble sur les grands enjeux globaux (qui mobilisent la scène scientifique américaine) ce qui nous a permis de coordonner une réflexion stratégique par grands domaines (environnement, énergie, TIC, santé, formation et médiation scientifique…)  non seulement d’un point de vue bilatéral (France – Etats-Unis) mais avec des prolongements à un niveau multilatéral (intégrant des pays comme le Brésil ou l’Inde) pour répondre à des défis qui se présentent aujourd’hui en termes scientifiques, technologiques et sociétaux.
  • Enfin, la culture de la levée de fonds.

Sur un plan plus humain, j’ai été interpellée par l’optimisme ou plus exactement la « positive attitude » qui anime bon nombre de nos partenaires américains. En ces temps contraints à différents niveaux, j’ai été frappée par la réactivité, le pragmatisme et la capacité à rebondir de nos interlocuteurs face aux défis qui  se sont présentés à eux durant ces dernières années (sans naturellement juger du bien-fondé des décisions qui ont pu être prises).  Un dernier point concerne l’aptitude des individus et plus largement des institutions à gérer une concurrence souvent très vive,  dans un écosystème qui paradoxalement est fait d’échanges et de collaborations.

Qu’est-ce que cette expérience aux USA va vous apporter dans vos nouvelles missions de chargée de mission, zone Amérique du Nord ?

  • Une capacité à coordonner un ensemble d’acteurs dans des initiatives de programmation conjointe (programmes de formation, de recherche et / ou de partenariats technologiques,…) ;
  • Un appui à l’identification de priorités,  élaborées en étroite concertation avec la communauté des enseignants-chercheurs de Lyon 1 et qui  intègrent les orientations stratégies des ministères concernés et des collectivités territoriales ;
  • Une expérience dans le domaine de la recherche de co-financements et de la co-construction de projets.

Comment sont perçues les universités françaises aux USA ?

La France se distingue de son partenaire américain par la forte centralisation de son système d’enseignement supérieur et de recherche ce qui permet toutefois de simplifier les relations bilatérales.
La qualité de notre recherche scientifique est reconnue (médecine, physique, agronomie, nanotechnologies,…).
La technologie française a une excellente réputation dans certains domaines (transports, nucléaire, secteur biomédical, spatial, …) ; la formation scientifique à la française est très appréciée (à travers nos jeunes chercheurs, stagiaires) dans les centres, laboratoires et instituts de recherche les plus renommés aux Etats-Unis.
Dans ce contexte favorable, les universités gagneraient sans doute à être plus beaucoup visibles à l’international aux côtés des organismes de recherche et des grandes écoles.

Quel intérêt les universités américaines ont-elles à nouer des accords avec la France ?

  • Les performances de la France en matière de formation scientifique et technologique sont reconnues : le diplôme d’ingénieur est depuis cette année reconnu comme équivalent au master of engineering. Par ailleurs la priorité de l’administration Obama est de renforcer/ renouveler  l’enseignement des STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) dans l’objectif de  maintenir la suprématie des Etats-Unis face au développement de l’Asie (notamment de la Chine).  Le contexte est très favorable pour la France pour le développement de collaborations dans ces domaines et disciplines.
  • La place importante de la France dans les espaces européens de l’enseignement supérieur et de la recherche est un atout fondamental pour des équipes américaines qui souhaitent intégrer les réseaux de collaboration européens.
  • Les très grandes infrastructures de recherche (TGIR) qui offrent un intérêt majeur dans une perspective de mutualisation des coûts et de partage des résultats.
  • La francophonie est aujourd’hui perçue comme une véritable porte d’entrée vers l’Afrique (programmes dans les secteurs de la santé, du génie civil,…).
  • Le système français du Crédit d’Impôt Recherche très avantageux pour les grandes entreprises américaines qui souhaitent développer des centres de recherche en France et bénéficier des ressources humaines (stagiaires, jeunes scientifiques…).

Dans le contexte économique actuel, des opportunités existent pour développer des collaborations avec les Etats-Unis, tout en veillant à protéger nos intérêts.

 

 

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